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日志


1月8日

souvenir d'enfance 16)

Les louveteaux

Je ne sais plus bien si c’est à 7 ou 8 ans que je suis allé aux louveteaux.

Comme j’étais brigand mais toujours très timide mes parents n’ont inscrit aux louveteaux. Ils m’ont donc fait faire l’uniforme, chemise, pull, pantalon et short bleu foncé avec un foulard bleu clair bordé de jaune. On devait être une vingtaine à aller jouer dans un bâtiment face à l’école Ste Autreberte , un peu plus loin c’était l’école « notre dame de grâce » pour les filles dans la rue du Paon, si tu la descends tu retrouves l’école maternelle et l’orphelinat. J’en ai parlé au début. De l’autre côté, avant les remparts tu trouves les bâtiments de l’ex-garde mobile

Au coin de la rue une porte donne sur un cour carrée au milieu de laquelle se trouvait un énorme sureau (un arbre) Sur ta gauche en entrant un autre porte, un escalier et au bout une pièce donnant sur une autre, puis une autre pour terminer dans une grande salle, qui avait due servir de théâtre. Notre salle de réunion était la première. Ensuite selon le temps et ce que nous avait préparé nos « cheftaines » on restait jouer là ou la plus part du temps on allait dans la nature faire des jeux de pistes ou d’exploration. Elles devaient se donner bien du mal à préparer tous ces jeux, semaines après semaines. Cela me plaisais plutôt bien. Faire des jeux de piste, comme les indiens ! Bon, eux jouaient sans doute pas mais cherchaient de quoi manger, nous on cherchait au bout un « trésor » qui pouvait être un paquet de bonbon ou des trucs du genre. Qu’importe on avait beaucoup de plaisir à participer, surtout si on gagnait ! Et comme il n’y avait pas de perdant !

Quelques fois on allait assez loin. Une fois, au printemps, nous sommes allés dans des pâtures sur le côté gauche de Neuville, le jeu je ne sais plus bien, je crois qu’en groupe de 4 il nous fallait trouver un nombre d’objets écrits sur une feuille. Si je me souviens de cette fois c’est en cherchant ce qui nous était demandé nous avons tombé sur des drôles de plantes qui ressemblaient un peu à une éponge. Intrigués nous les avons cueillies pour demander aux cheftaines ce que c’était. Un peu plus tard quand nous avions rempli notre liste nous sommes allés les voir. Lorsqu’elles ont vu notre trouvaille elles se sont exclamées « des morilles ! des morilles ! Où avez-vous trouvé ça ? » Sur le coup on a pensé que l’on avait fait une bêtise, on osait pas trop répondre. Mais non, c’était juste pour savoir si il y en avait d’autres dans le même coin, car les morilles c’est un champignon, qui avec une omelette c’est parait il fameux ! Le problème c’est que pour trouver tous nos trucs on avait pas mal roulé et que l’on était plus bien sur de l’endroit exact. On a cherché  mais on n’en a pas retrouvé d’autres. C’est la seule fois où j’ai vu cette sorte de champignon, jamais je n’ai eu le plaisir de savoir ce que cela donnait avec les œufs. Des Champignons blancs, oui ça, j’en ai cueillis pas mal, plus tard, et c’est sacrément bon ! Je ne suis pas un spécialiste alors je n’ai jamais cueilli d’autres c’est les seul que je connaisse avec ces fameuses morilles.

Je vais pas décrire tous les jeux que nous faisions, ce sont ceux que l’on fait toujours lorsqu’on s’occupe de colo ou de centre aéré, pour des gamins de 8-10 ans.

Avec les louveteaux j’aimais bien c’était le camping et les badges.

Nous avions des petits livres dans lesquels on pouvait apprendre comment se débrouiller, avec pas grand-chose, pour réaliser quelque chose, comment retrouver sa route, comment faire la cuisine, comment plein de choses et si tu le voulais tu pouvais passer un « examen ».Si tu le réussissais tu avait le droit de porter un badge sur ton uniforme. C’était ton diplôme en somme. J’en ai passé plusieurs dont un de cuisine, comme par hasard !

Le camping je me souviens de deux en particulier

Le premier sommes allé loin , très loin. Tous entassés à l’arrière d’un camion nos chemises gonflées par le vent, nous avons roulé plus de une heure. A la fin par de petites routes tortueuses nous sommes arrivés à une grande ferme avec une grande porte en bois. Devant il y avait une petite place avec un grand puit dans lequel nous avons jeté des cailloux pour savoir si il était profond. Une grille empêchait que l’on puisse tomber dedans. Une fois dans la cour de ferme nos chefs et cheftaines nous ont conduit dans une grande pâture pour monter les tentes. En réalité se sont surtout eux qui les ont montées. Une fois déposé nos sacs à l’intérieur, mais après en avoir retiré la toile à matelas demandée dans la liste des matériels à fournir, nous sommes allés vers une grange pour remplir de foin ces enveloppes. Bien sur nos avons surtout fait les fous dans les bottes de paille, une fois ce travail fait nous avons ramenés ces « matelas » sous les tentes. Le fermier est venu nous voir, un homme assez âgé il avait bien 40 ans ! Solide, avec une forte voix écrasant le patois du coin. Après ce fut l’heure du casse croûte.

Dans cette ferme on faisait les même jeu que dans Montreuil mais ici ils avaient une autre couleur, quand on est en camping les choses ne sont pas pareilles même si … se sont les mêmes.

 Durant ce séjour on a pu voir naître un veau et des petits cochons. La campagne c’est très différent de la ville !

Un jour dans un jeu de piste, j’ai été désigné pour être le chef d’une troupe. J’étais très fier et très content. Pour une fois j’avais pu me débarrasser de ma timidité. Donc en tête de mon groupe j’ouvrais la route qui devait nous conduire dans le petit bois du village voisin. Nous allions quitter la nationale quand une voiture est arrivée tout klaxonnant et s’est arrêtée! La cheftaine est allé voir, oui parce que les chefs et cheftaines ne nous avaient pas laissé seuls dans la nature ! Quand elle a parlé au chauffeur j’ai reconnu mon père ! Qu’est ce qu’il faisait là, si loin ? Et en plus mes deux sœurs étaient avec lui ! La cheftaine m’a appelée et m’a dis d’aller avec mon père. J’étais pas trop content ! Ca me coupait mon jeu ! Et pourquoi tout ça ? « Allez dépêche toi tu va voir quelque chose de formidable ». Je suis monté en voiture, pas moyen de faire autrement. «  C’est quoi ? » «  Tu verras ! »

En faisant un peu la tête d’avoir été ‘coupé’ il ne me restait qu’a regarder la route et attendre ce truc formidable.

Rapidement nous avons quitté le village de Campigneules les grandes, 3 kilomètres plus loin ont traversait Campigneulles les petites en passant devant la ferme où nous campions puis un kilomètre et demi plus loin nous entrions dans Montreuil.

Là je me suis rendu compte que nos chefs et cheftaines nous avaient roulé, c’est le cas de le dire, ils nous avaient fait une grosse balade en camion, on se croyait loin, très loin, et au final on n’était même pas à 2 kilomètres de la ville. Bien joué les filles !

Dans Montreuil le père passe devant le magasin, prends la place de la poste fait le tour par ‘notre Dame de Grâce’ , à cause du sens interdit, et prend la petite rue qui conduit aux remparts et …..à la maternité ! Là on descend et dans une chambre ma mère avec un bébé dans les bras. Elle me présente ma petite sœur. Toujours déconfit d’avoir quitter mon grand jeu où pour une fois que j’avais le grand rôle j’ai seulement répondu « C’est pour ça qu’on m’a dérangé ? »

Une fois la visite terminée mon père m’a reconduit à la ferme. Comme je lui ai dit que les cheftaines nous avaient roulées, il est parti à rire, puis « Vous pensiez tous que vous étiez très loin ? » « Bin, oui, bien sur, le camion a roulé longtemps », « alors tu connais un secret, et un secret … » «  ça ne se dit pas, je sais ! » De retour J’ai juste expliqué à mes copains que j’avais une petite sœur, toute petite ! Sans plus de détail !

Dans cette pâture il y avait un arbre avec une grosse branche sur laquelle j’aimais bien m’asseoir ou m’allonger le soir quand le soleil descend à l’horizon. Plus d’une fois la cheftaine venait m’y chercher « allez, viens jouer avec les autres ». J’aimais le calme de cet arbre

Le deuxième camping je m’en souviens surtout parce que j’ai été accusé d’avoir cassé des arbustes plantés le long d’une allée. J’ai joué avec les branchages cassé ça c’était exact mais c’est pas moi qui avais vandalisé ces petits arbres, ils n’auraient même pas été bons pour faire un arc, et je n’avais pas de corde pour le bander.

Dans cette ferme il y avait une grange avec des bottes de paille très haut, le jeu était de monter au sommet et de se faire peur en sautant dans les bottes en dessous. Pendant une semaine il n’a pas fait très beau et nous faisions la cuisine et mangions dans cette grange. Je crois bien qu’on y a dormi aussi, Dormir dans la paille ! Waou ! C’est sensas !

C’est là aussi où j’ai passé mon badge de cuisine et je ne sais plus quoi. J’y avait aussi gagné un jeu d’énigmes puisque à mots couverts c’était la description de cette grange, de jour, comme de nuit, puisqu’il y avait été fait référence aux  « milliers » d’étoiles que l’on pouvaient voir en regardant la toiture de tuile lors de la pleine lune, mais je ne sais plus comment le texte était tourné ! Cela venait sans aucun doute que lisant beaucoup, beaucoup plus que la moyenne j’avais vite compris toutes les astuces de leur texte

Dans cette ferme j’ai vu une énorme truie mettre bas. C’est assez amusant car à peine sortis les petits poussent sur leurs pattes de devant pour se détacher plus vite. Il y a eu aussi une vache qui a vellé mais là ça ne se passait pas trop bien, les pattes arrières du veau ont été attachées à une corde, deux hommes tiraient dessus, un autre rentrait son bras dans le corps de la vache tout en disait quelque chose mais je ne comprenais pas.  A la fin le veau est sorti et ils ont eu du mal à le faire vivre. Le lendemain il tutait sa mère bien normalement. En voyant tout cela je me demandais comment faisaient les vaches sauvages ou les bisons femelles pour mettre bas sans les hommes. Est- ce que les hommes sont aussi indispensables que cela ? Je n’imaginais pas une seconde que la vache pouvait en mourir si le veau ne sortait pas.

En principe sur ce menu il y avait aussi une grande jument boulonaise prête à mettre bas mais elle a fait tranquillement cela au lever du jour, d’après le fermier, alors on n’a pas eu droit au spectacle.  C’est marrant de voir un poulain d’un ou deux jours courir ou sauter a coté de sa mère !

Dans ce camping on a fait aussi des grands feux de bois. Un grand feu, nous tous assis autour, les étoiles au-dessus de nos têtes, c’est sensas. Il ne manquait en somme que la guitare ! Ce sera pour plus tard, avec mon frère !

Suite à ce camping on m’avait collé le surnom « le crabe ». J’appréciais moitié moitié. L’explication est que dans les promenades j’étais souvent à la traîne tout en marchant de côté, comme le crabe, car j’étais en train de regarder quelque chose qui m’intéressait que moi, ici une fleur, là une grenouille, plus loin autre chose….