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    November 25

    rose jaune bleu

    Rose, Jaune, Bleu

     

    C’est une histoire très compliquée dans un pays lointain

    D’habitude les femmes de ce pays n’ont qu’un mari, mais Rose en a 2.

    Un de jour et un de nuit. Avec celui de jour elle dort la nuit, et avec celui de nuit elle dort le jour. Oui tu lis bien,  celui de jour couche avec elle la nuit et celui de nuit la reçoit de jour. Pourquoi ?

    Au début  elle s’est mariée avec Celui de jour et tout le monde le connaît. Tout le monde aussi sait qu’il et très colérique et que Rose n’est pas heureuse, mais elle a signé un papier avec Celui de jour

     

    Un an plus tard ou a peu près, elle connu celui de nuit. Après bien des hésitations elle devint aussi sa femme bien qu’elle ne signa pas de papier avec lui. A la grande surprise de Celui de nuit elle était encore vierge ! Ce qui fait qu’il est en réalité le vrai mari de Rose!(sens physique).

     

    Elle avait dit à celui lui de nuit qu’elle n’aimait pas faire l’amour et qu’elle le faisait au mieux qu’une fois par mois. Il se rendit compte que c’était faux, qu’elle aimait normalement faire l’amour comme les jeunes femmes de son age,  mais que c’était celui de jour qui l’en avait dégoûté parce que son ‘échelle’ est trop petite et qu’il est incapable de la faire monter au 7eme ciel  

     

     Comme Rose ne voulait pas faire de peine à celui de jour elle demanda à celui de nuit de rester dans l’ombre. Par amour pour elle  il accepta, bien que très déçu car elle lui avait promis et re-promis  de venir vivre avec lui. Elle lui avait dit « si tu me fais l’amour alors je viens vivre avec toi » Sur le coup il avait hésité environ 2 semaines, le temps de mettre à jour des choses de sa vie, puis libéré par les réponses qu’il avait reçu se dit « On risque ! » (Enfin « je risque, si elle le fait ce sera super »)

     Pour simplifier on va appeler Celui de jour « Jaune » et celui de nuit « Bleu »

    Au bout de quelque mois elle demanda à Bleu de venir avec elle pour connaître Jaune. Il n’y tenait pas beaucoup, jugeant la chose pas très utile, mais comme elle le suppliait de le faire, Bleu fit plaisir à Rose.

    Bleu et Jaune étaient très différent, en tout ! Jaune paraissait gentil mais en réalité ne l’était pas du tout, Jaune semblait brutal et en réalité ne l’était pas tout.

     Rose n’était pas une mauvaise fille, seulement une fille prise au piège – de la vie –

    Quelque temps plus tard Bleu vint habiter près de chez Rose pour pouvoir la voir plus facilement.

    Chaque fois que rose, pour son travail, allait en mission Bleu l’accompagnait, ainsi il pouvait dormir vraiment  avec elle. Et il souhaita qu’elle fasse beaucoup de missions. Elle était d’accord car elle détestait rester chez elle !

    Jaune trouvait cela très bien, bien que ne travaillant pas il aurait pu l’accompagner, au point que Bleu trouva cela assez bizarre. Il se demanda si Jaune était cocu ou proxénète. C’était pourtant visible que Bleu aimait rose. Faute de preuve il n’aura jamais la réponse nette, bien qu’une fois jaune écrivit à Bleu que dans son pays on disait qu’un « ami est celui qui apporte un bénéfice ». Jaune regretta  qu’il n’ait pas écrit cela plus tôt. Ce serait donc plutôt proxénète !

    Petit à petit Rose eut peur du voisinage et Bleu supportait de moins en moins de rester caché.

    Bleu n'aime pas faire l'amour en cachette, c'est pas un voleur. Il aurait beaucoup aimé une situation bien claire! Que Rose vive avec lui ! Sans se cacher! Le dire honnêtement à Jaune! Avec un petit peu de chance tous les deux aimant Rose ils auraient pu trouver une solution claire. Mais Rose ne voulait pas et Bleu continua de lui céder

     

    à suivre ??

    November 21

    souvenirs d'enfance 13)

    Les patins à roulettes

    Puisque l’on en bordure de plage et que j’ai déjà noté que l’esplanade était un beau tapis rouge je vais en profiter pour raconter un jeu qui me plaisait bien, avec les petits copains de rencontre : faire du patin à roulette.

     Au début j’ai du me payer des gadins mais ça je ne me souviens plus, pieds nus sur les patins en fer, les miens ne devaient pas avoir de roulement à billes, cela n’a rien à voir avec le fait d’être pieds nus, c’est seulement qu’ils faisaient plus de bruit. Sur le trottoir nous roulions de long en large, et comme il est très long pour aller d’un bout à l’autre cela fait déjà un bon petit parcourt, que l’on répétait plusieurs fois dans une après midi. C’est amusant de passer comme des « flèches » près des gens qui se promènent, en faisant attention quand même de ne pas passer trop près pour ne pas risquer un accident. Certains, dans les nuages, étaient surpris de nous voir passer en trombe, il arrivait même que l’on se fasse insulter et traiter de petits voyous ! Bien sur quand on avait repéré des grognons on faisait exprès de passer et repasser. On se regroupait une vingtaine de mètre derrière eux et on s’élançait pour leur passer de chaque côté, un groupe à droite, un groupe à gauche ! Et Grognon à chaque fois râlait ! Une fois, deux fois, trois fois même, puis content de nous on allait voir plus loin si on y était. Le Samedi et le dimanche la digue était noire de monde ce n’était pas possible de patiner, et trop dangereux. Le plaisir de faire du patin est d’aller vite, faire la course entre nous, là ce n’était pas possible. Même à l’endroit où l’asphalte est le plus large il ne restait pas assez de place pour nous, il nous restait qu’à aller jouer ailleurs !

    Quand on était assez fort sur nos patins le jeu était de sauter sur le rebord de la digue et d’y patiner le plus loin possible. En cas de chute il valait mieux choisir le côté trottoir, c’était plus facile de s’y recevoir que de l’autre côté. Le côté mer est de pierre et ne présente pas une surface lisse, sinon on se serait fais un plaisir de l’utiliser. On est encore beaucoup trop loin de l’époque des planches à roulettes et des aménagements faits pour ceux qui pratiquent ce sport. Généralement on n’allait pas très loin sur le rebord tout simplement parce que les promeneurs s’y assoient.

    Quand on voyait de dos l’un d’entre nous, ou un autre, debout sur ses patins, le jeu était à deux, passer vite, très prêt de lui! Souvent surprit, il tombait sur le derrière ! Ce qui nous amusait, cela marchait presque à tous les coups ! Je suis tombé, moi aussi, plus d’une fois ! Il fallait ouvrir ses oreilles ! Pour cela les patins avec des roues caoutchoutées ne valaient rien. Ils ne faisaient pas assez de bruit !

    Pendant un temps la 3ème ou 4ème années que j’allais à Berck j’avais trouvé un « travail » sur le marché de Berck plage et chez le même marchand à Berck ville. De l’appartement à la place de l’hôtel de ville il doit bien y avoir 3 kilomètres. J’y allais donc en patin ! Sauf une fois où un agent de ville m’a interdit de rouler avec sur la route, je n’y ai jamais eu de problème. Quand je ne l’ai plus vu j’ai remis les patins et je suis reparti de plus belle pour ne pas arriver en retard ! Le matin de bonne heure il n’y a presque pas de voiture, j’avais donc la rue de l’impératrice pour moi tout seul. Dans la fraîcheur du matin ce n’est pas désagréable de faire une petite course. A part un endroit ou deux avec un peu de gravillons cette rue « roulait » bien ! J’expliquerai pourquoi je « travaillai » un peu plus loin

    Le marché

    En été tout au moins il y a deux fois marché dans Berck ville, tout au moins à cette époque. Aujourd’hui je ne sais pas et je suis un peu loin pour vérifier. Ce marché commençait au pied de notre immeuble et en prenant la direction pour rejoindre l’avenue de l’Impératrice, avant le passage il coulait en direction de la place de l’église en enfermant les halles en son sein. Quelque fois il envahissait aussi la rue qui remonte vers la plage en direction de la rue Carnot. Qui dit marché dit marchands. Ils y en avaient vendant de tout, d’autres plus spécialisés dans certains articles comme le textile où la boucherie. Intéressant le marché les marchands qui pour vendre leurs marchandises te font goûter un petit bout de quelque chose. Est-ce besoin de faire un dessin ? Une petite rondelle de saucisson ici, un bout de mortadelle là-bas, un tronçon de pain avec un bon pâté dessus, un bonbon à droite, une miette d’autre chose à gauche, bref partout où cela était possible je quémandais silencieusement un petit quelque chose. Toujours gros comme une épinoche je faisais pitié, il n’était pas nécessaire que je demande. Je faisais deux fois le tour. Pourtant je mangeais bien à table mais je ne grossissais pas pour autant !

    Le marchant de barbe à papa

    Au pied de notre immeuble pendant un temps il y avait un marchand de barbe à papa. Vers les 13h30 14h il remballait son matériel. Quand j’entendais le bruit de ses gamelles lors du démontage, je descendais rapidement  les étages pour aller l’aider, mais surtout pour récupérer le sucre restant le fond de son appareil. J’ai toujours adoré le sucre et j’en ai toujours mangé bien au delà de la dose dite permise, en plus celui là était coloré et, un peu, parfumé. Je me régalais, la patronne une brave femme avait pitié de moi et plus d’une fois je l’ai entendu dire « C’est-y pas malheureux !! C’est-y pas malheureux ! » en me regardant manger aussi avidement ce sucre. C’est sur qu’elle pensait que je n’avait rien à manger chez moi, ce qui à toujours été complètement faux. Se prendre une volée, même à demi justifiée ça oui, mais là aussi j’étais pas plus mal loti que mes copains. Les vieux avaient la main leste – et lourde ! Et en cas d’erreur, reconnue, on te disait qu’elle remplaçait celle que tu méritais et que tu n’avais pas reçu. Moi j’avais les toits pour me protéger, dans un sens j’avais de la chance !

     

    L’omnium, les jeux et Les beefsteaks de cheval

    De l’autre coté de la rue de l’impératrice il y avait une salle de jeu « l’Omnium » si je ne me trompe pas. Il y avait quelques billards électriques et des babyfoots. Très intéressant, mais pour jouer avec il fallait des sous et bien sur on en avait pas. De temps en temps Mamie donnait bien quelques pièces mais pas tous les jours ! Alors on profitait de faire les courses, ma grande sœur et moi pour se faire un peu de « gratte ». Sur le marché les marchands écrivaient le prix sur le papier avec un crayon de bois, alors avec un autre nous reformulions les chiffres, quelques centimes sur les choux-fleurs ou les poireaux, en refaisant les opérations pour savoir combien nous allions garder et combien nous allions lui rendre, le tout restant très acceptable. L’achat de la viande nous fournissait le meilleur revenu. Un boucher vendait à la fois du boeuf et du cheval, ce dernier était nettement moins cher que son copain à corne. Donc on prenait du beefsteak de cheval mais on demandait au boucher de le mettre dans le papier avec les têtes de bœufs. Bin, oui ! J’ai dit plus haut Mamie aimait beaucoup ses chevaux au point qu’elle n’aurait jamais voulu manger de leur viande. Pour être plus vrai on demandait combien cela aurait coûté si c’était du bœuf. Il regardait sur sa balance et l’écrivait sur le papier. Après avoir calculé la différence il ne nous restait qu’à effacer le prix chevalin ! Je suis sur que le boucher avait compris le tour de passe passe mais peu lui importait, le principal devait être que l’on achète la viande chez lui ! Mamie s’est toujours demandé où nous achetions cette viande si bonne ! On n’a jamais vendu la mèche et on trouvait toujours une excuse pour y aller que tous les deux, ni avec elle ni avec ma petite sœur. Si mon père avait su cela je ne te dis pas la décoction que nous aurions pris, alors motus et bouche cousue !

    L’après midi ou le soir on allait faire un tour à l’Omnium

    November 13

    souvenirs d'enfance 12

    Le cornet d’amour

    Fin des années 40 la façade du littoral ne ressemblait pas du tout à ce que l’on peut voir aujourd’hui. L’avenue de l’impératrice finissant en croisant la rue Carnot laisse la place à l’entonnoir. Les chaussées sont toujours à la même place mais entre les deux ce n’était que du sable plus ou moins ondulé par le vent et les allées et venues des promeneurs. En allant droit vers la mer on fini par rencontrer l’esplanade puis la digue et en descendant un escalier, en laissant à sa gauche un bâtiment abritant les toilettes on arrive sur la plage elle-même. Ca c’est quand on est pressé d’arriver sur le sable pour se faire bronzer.

     Si l’on prend son temps on peut aussi marcher sur le bitume rouge de l’esplanade et rejoindre l’escalier suivant. Ici se trouvait, il doit toujours y être, un bar géré par le loueur de cabines. La notre n’était pas loin de là. Mais pour l’instant ce n’est pas ce qui est le plus intéressant.

    Avant de traverser la route pour rejoindre la plage jetons un petit coup d’œil de chaque côté. Vers la gauche le gros bâtiment c’est l’hôpital Maritime, les autres constructions autour ce sont des immeubles de location, derrière, on le voit a peine, se cache le phare. Cela n’a pas beaucoup changé. Si l’on regarde à droite, tout au fond on devine l’hôpital Calot mais entre lui et toi il n’y a presque rien, moins d’une dizaine de maisons abandonnées suite aux bombardements de la guerre. Elles sont éventrées autour c’est le « terrain vague », enfin ici il faut entendre des dunettes de sable recouvrant les briques éparses. Rien de folichon. Cela ne restera pas très longtemps comme cela, mais ça c’est pour plus tard !

    Et pourtant là tout près de toi,  sur le sable au coin de rue se trouve une des choses la plus intéressante de toute la plage ! De forme hexagonale ou octogonale je ne sais plus, en bois, peint en blanc avec un joli panneau écrit « au cornet d’amour » Un marchand de glace !

    Rien que le titre est déjà tout un programme, mais les personnes qui tenaient cet atelier faisaient des glaces ! hum ! Je ne te dis pas ! Extra ! Car ils faisaient les glaces devant toi !

    Dans leurs grandes marmites (je ne sais pas comment cela s’appelle) l’un versait le lait ou la crème, d’autres préparaient les ingrédients, la glace au citron était avec de vrais citrons, pas de la poudre délayée, la glace aux fruits c’était pas des fruits en boite (même s’il y en a de pas mauvais) tous les goûts vendus ici étaient vrais (je mets goût, pas parfum maintenant tu sais la différence). Pendant que les artistes de la crème glacée s’affairaient nous étions là à attendre notre tour pour acheter ces glaces que l’on mangeait des yeux, avant même qu’elles ne prennent naissance. On se régalait de voir préparer la prochaine fournée de glace a la banane, ou celle à la vanille, tout en attendant celle à la fraise que l’on avait réussi a commander. Cet atelier était toujours entouré de monde, quelques curieux sans doute mais surtout des amateurs patients ! Oui c’est normal il fallait bien le temps de les faire ! cela ne givre pas instantanément !

    Un an ou deux après ils ont acheté/construit un grand bâtiment sur ce terrain, un peu dans le fond. Ils préparaient d’avance des tas de sorbets toujours très bons mais ils n’avaient plus le charme de la petite baraque en bois. Vite achetées ces glaces perdaient ce goût de l’attente. Tu ne te régales plus de celles que tu n’achèteras pas en espérant voir arriver la tienne.

     Les marchands ont par contre multiplié leur vente, c’est normal leur nouveau bâtiment avait été étudié pour cela.

    Est utile dire que chaque fois que je pouvais j’étais devant cette boutique à me pourlècher les babines ?

    Le pourboire

    Il se faisait aussi de très bonnes glaces ailleurs, en face de l’église de Berck plage il y avait un autre glacier d’origine italienne, il était très réputé. Son « salon de dégustation » ressemblait plus à un large couloir dans lequel il avait réussi à loger des tables et des banquettes. La couleur des peintures avait passé depuis longtemps. Ce n’était pas la boutique chic et rutilante, mais on ne venait pas là pour lécher les murs. Il avait quelques spécialités dont des cassates. Mon père lui a plusieurs fois demandé la recette pour comprendre la petite différence qu’il y avait entre les siennes et celles de quelques concurrents. Il ont bien parlé glace, crème et tout ce que tu veux mais jamais il n’a livré un soupçon de ses petits secrets. C’était bon ? Non ! Beaucoup que cela ! Un régal ! Quand J’avais 30 et que je passais à Berck je faisais encore le détour pour aller en manger avec toujours le même plaisir de goûter quelque chose d’extra !

    Une des premières fois que nous y sommes allé, avec mon père, nous avions fait quelques courses, été au restaurant, et chez ce glacier. Côté dégustation pas de problème, mais j’avais remarqué que mon père ne faisait pas attention à ses sous ! Chaque fois qu’il payait il oubliait de l’argent dans l’assiette que le serveur lui avait apporté. Et pas une fois ! A chaque fois ! Heureusement que j’étais là ! Ma mère non plus n’y faisait pas attention !

    Alors en sortant le dernier, je prenais cet argent qu’il oubliait !

    Quand on fut sur le point de partir pour retourner à Montreuil très content de moi je lui ai dit « Pa ! Tu ne fais pas attention, tu oublies toujours des choses ! » Très étonné, il se demandait bien ce qu’il avait pu oublié. Tata ses poches, non tout était à sa place « j’ai oublié quoi ? » « Des sous, plein de sous ! » Et très fier je sortais tout l’argent que j’avais ramassé derrière lui.

    « Mais d’où ça viens ? Où as-tu trouvé cet argent ? » « Bin, dans les assiettes tu les oublies toujours ! » Là il a compris, « Mais non je les oublie pas ! C’est pour le monsieur ou la dame qui nous ont servi, c’est leur pourboire, c’est avec cela qu’il gagnent leur vie, Il ne faut pas faire cela » comme nous étions pas loin du glacier il y est retourné avec moi pour leur donner le 'service' en s’excusant d’avoir un petit garçon « économe » Cela les a amusé beaucoup, surtout qu’ils avaient du faire la grimace devant l’assiette vide !

    Moi qui croyais bien faire ! Conclusion la bonne volonté ne suffit pas toujours !!!
      

    November 09

    souvenir d'enfance 11)

    Les souvenirs de Berck font partie d’un paquet de 4 ou 5 années de vacances à la plage. Ici j’ai bien du mal à y trouver un ordre chronologique. Mais quand on est en vacance s’occupe-t-on du temps, à part de savoir si demain il fera beau ?

    Le coup se soleil

    A propos de beau temps je me souviens, sûrement à mes débuts de plage, d’avoir pris un bon coup de soleil. Mais bien ! Rouge comme une écrevisse ! Cela me démangeait de partout alors pour adoucir mon père à eu l’idée de m’enduire d’huile d’olive. Ma foi, c’est vrai que après cela grattait moins mais à jouer dans le sable fin, c’est pas l’idéal non plus ! Il ne restait plus qu’à aller se baigner dans la mer et en remettre une couche en revenant. Cependant involontairement j’allais trouver cette situation très intéressante.

    Sur l’esplanade au début « officiel » de la plage il y avait toujours des attractions, dont cette  fois là un grand podium avec des jeux et un goûter de pain avec la margarine « xx » cette bonne margarine qui faisait ses débuts, et qui replacera, un peu, le beurre tout au moins pour la cuisine. Moi qui avais toujours un petit creux, j’aimais beaucoup les endroits où il y avait quelque chose à manger. Je passais bien deux fois de suite à la distribution. C’était « extra » ! Les personnes qui distribuaient avaient fini par me repérer dans cette foule, mais comme j’étais « squelettique » elles avaient pitié de moi et me donnaient plutôt deux demies tartines qu’une !

    Ca c’est le bon côté, le mauvais est bien sur que je n’étais pas tout seul, et les grands ne sont pas partageurs ! J’avais beau essayer de me faufiler, de dire « pardon ! », bien peu me laissaient passer devant. Et comme à cet age là on n’est pas grand c’est dur d’arriver aux premières places.

    C’est là, qu’une fois bien re-huilé et avec l’interdiction d’aller jouer dans le sable, ne sachant pas trop quoi faire, je suis allé voir s’il n’y aurait pas une petite tartine à grignoter ? Donc j’essaye de passer « pardon m’sieur dame ! » C’est alors que je vois le regard de l’assez forte femme qui me barrait le passage, elle me regarda de la tête au pied en disant « mon dieu ! » tout en se poussant sur le côté et en bousculant son mari « C’est pas vrai …… » Elle a dit d’autres choses mais je ne me souviens plus, et j’étais déjà quelques rangs plus prés du podium.
    Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que les gens s’écartaient de peur que je les huile. Quand ils ne m’entendaient pas je tirais un peu sur leur chemise, ils me regardaient et me laissaient passer. C’était super « extra » !!

    Les jours suivants je demandais donc à ma grand-mère de me mettre un peu d’huile sur les épaules avant d’aller faire mon petit tour chez le marchant de margarine. Cela me prenait bien deux heures !

    Après la margarine il y a eu l’huile « Monsieur » à l’huile d’arachide et je ne sais plus ce qu’ils donnaient à manger mais il y avait quelque chose. J’y allais bien sur ! Le film noir et blanc sur la culture des cacahouètes en Afrique j’ai bien du le voir vingt fois !!

     

    Sauf erreur de ma part ces produits étaient tout nouveaux. A part le beurre les matières grasses de l’époque étaient le saindoux et le gras de bœuf, que nous vendions bien sur ! L’huile était considérée comme du luxe, la margarine s’est vendue assez bien car elle était très économique par rapport au beurre, mais ne détrôna pas celui-ci principalement pour la pâtisserie.

    Dans les nouveautés que je me souviens il y a eu la pâte dentifrice en tube (d’étain,  avant c’était une boite ronde avec une pâte dure) et l’arrivée des lessives en poudre qui remplacèrent le savon de Marseille, les savons mous, les cristaux de soude et les boules de « bleu d’outremer » pour être plus blanc que blanc !! années 49-50 ! il faudra encore attendre quelques années pour que la machine à laver la linge vienne dans tous les foyers et remplace la brosse de chiendent.

    Nager apprendre la planche

     La première année, très sûrement, mon père s’entreprit à nous apprendre à nager. J’aimais moyennement car chaque fois j’avais l’impression de me donner en spectacle sur la plage.

    Oui parce qu’ il a commencé à nous apprendre sur le sable, en bon moniteur sportif qu’il était. Donc allongés sur le sable (mes sœurs aussi !) il nous faisait faire les mouvement de la brasse « et un, on allonge les bras » « et deux, on écarte les bras on les ramenant le long du corps » « et trois, on plie les jambes » « et quatre, on détend les jambes » « et un, …. »  On recommence. Quand les mouvements sur le sable lui ont semblés bons il  nous les a refait faire mais allongés sur les petits tabourets de plage. Les voisins nous regardaient et commentaient ! Je n’aimais pas ça, mais pas du tout !

    Après toujours sous la surveillance du grand chef nous sommes allés à l’eau. Là, sa main sous notre ventre il nous soutenait en répétant sans cesse les mouvements, tout en surveillant du coin de l’oeil ceux qui attendaient leur tour et éventuellement te criait « allonge tes bras » « ferme ta bouche » « fait bien les mouvements » etc.

    Au bout d’un certain temps …..on nageait tout seul !

    Mais les leçons ne se sont pas arrêtées là ! « Maintenant que vous savez faire la brasse vous allez apprendre la planche ! ». T’as appris à faire la planche dans une mer qui a toujours des vagues ? A chaque fois qu’il en passe une elle te recouvre le visage, si tu ne fermes pas la bouche assez vite tu en avales ! Et cela te fait perdre ta flottabilité ! Bref à chaque fois tu as droit à une petite tasse ! Quand quelqu’un te tiens la tête par-dessous ça marche mais si t’es seul il vaut mieux avoir pied !

    Au bout d’un certain temps cela passe, après on est capable d’être comme un petit bouchon dans l’eau, et quoi qu’il t’arrive tu es en sécurité. Personnellement de savoir faire la planche cela m’a sauvé la vie deux fois ,  une fois pour être entraîné par des courants et l’autre pour me prendre des crampes dans les jambes très loin du rivage.

    Mais cela m’a surtout permis, avec quelques petits copains, d’avoir de bonnes parties de plaisir à nager les jours des tempêtes quand la mer remonte et qu’elle est furieuse. En mer descendante c’est dangereux à cause des courrant qui pourraient t’entraîner au loin, intrépides mais pas fous quand même !

    Quand la tempête fait rage avec le vent venant de la mer, il y a de grosses vagues qui tombent en rouleau. Alors le jeu est de plonger dans la vague et d’aller le plus loin possible sous l’eau. Tu ressens les remous de l’eau et le sable qui est agité ! Avec un peu de chance tu vas ressortir sur le haut d’une vague, enfin tu t’arranges pour cela ! Alors la vague te transporte vers la plage comme un petit bouchon ! C’est super ! Quand elle perd sa force tu reprends pied, souvent l’eau ne t’arrive plus qu’à mi-cuisse. Il faut donc re-pénétrer dans la mer, replonger au bon moment pour te refaire transporter. Nota : si en remontant tu es dans le creux de la vague il ne te reste qu’a attendre la suivante ou aller à sa rencontre

    Plus d’une fois, nous nous sommes fait « trompeté » par un surveillant de plage qui avec de grands gestes nous faisait signe de revenir sur le sable. On s’amusait bien de trop pour cela, et comme il ne pouvait pas venir nous chercher, on continuait.

    Tu penses que c’était dangereux ? Je n’ai jamais eu cette impression, mais je répète : marée montante et le vent venant de la mer ! Pas fou

    La planche dans le courrant

    Une fois je suis allé me baigner, bien sagement, c’était marrée descendante, mais elle avait déjà fait plus de la moitié de son parcourt, les deux grandes bâches se traversait facilement, je devais avoir de l’eau à mi poitrine sans doute. Quand elles ont ce niveau et qu’elles se vident tu sens bien le courrant qui t’entraîne vers la partie nord de la plage. Même si tu es un bon nageur tu n’avances pas à contre courrant, tu peux « pédaler » autant que tu veux tu recules ! C’est amusant et comme tu as pied c’est pas bien dangereux. Au pire pour revenir à ton emplacement il te faudra marcher un peu plus.

    Cette fois donc, passé les bâches j’ai atteint la mer et j’ai nagé comme d’habitude. Peut être que je suis allé un peu plus loin, là où on n’a plus pied. Tout allait bien jusqu’au moment où je me suis rendu compte que je m’éloignais du rivage, j’en étais assez loin même ! J’ai vite compris que j’étais entraîné par le courrant. Une fois un vieux pêcheur m’avait dit que les courants d’ici allaient dans la mer puis venait se « frotter » aux rivage, là bas, très loin à l’horizon, bien après l’hôpital Calot. Prendre pied j’y pensais même pas, je me doutais bien qu’il y avait plusieurs mètres d’eau sous moi, nager contre le courant je savais tout aussi bien que c’était inutile, alors j’ai fait la planche bien tranquillement en bougeant juste assez pour ne pas ne faire trop piquer par les puces de mer. Au bout d’un moment je me suis rendu compte que je flottais parallèlement à la plage, alors je me suis dit qu’en nageant dans le sens du courant mais en direction de la plage j’avais des chance de regagner le sable avant ou pas loin du blockhaus qui traîne plus au nord de l’hôpital. Donc une petite rotation et c’est parti pour une brasse bien cool ! Après un temps d’effort un peu de repos sur le dos et on recommence ! Peu à peu j’ai pris conscience que nageais de moins en moins vite, ce qui veut dire que je sortais du courant. Me souvenant des conseils de mon père, comme quoi je l’écoutais quand même,

    J’ai continué tranquillement de nager, alternant la nage à la planche. J’ai juste obliqué un peu plus vers la plage en prenant un autre point de repère.

    C’est ainsi que j’ai regagné la plage, sans autres misères, un peu avant le blockhaus. Après j’ai couru les 3 kilomètres qui me séparaient de notre cabine. Est-ce utile de dire que je n’ai pas été me vanter de mon exploit ! Ma mère aurait été folle d’inquiétude si elle l’avait su ! Alors autant se taire !

    Je l’ai dit à mon père, mais plus de 20 ans après !

    Les dunes et les câbles

    Une fois avec un grand nous somme allés en baie d’Authie, ou plus exactement entre le phare et la baie, pas pour pêcher quelque chose juste pour fouiner.

    Là, la plage est « sauvage » plus de construction en dur ou en bois, rien que la nature, une plage encore plus grande que devant les cabines et derrière nous des dunes. Des dunes de sable fin et sec qui se déplacent avec le vent. Le Sahara en modèle réduit. Quelques rares arbrisseaux épineux et des herbes éparses et maigrichonnes. La plage étant un espace « vide » par définition nous allons fureter dans les dunes. Nous finissons par trouver un coin avec de frêles piquets soutenant un cordage. Nous en faisons le tour et ne voyons rien qui justifie cette délimitation. Il y en a plusieurs d’ailleurs ! Par contre la corde nous intéresse. En cherchant on fini par trouver de quoi la couper. Nous nous taillons donc quelques bonnes longueurs, puis de long en en large explorons le coin. Il n’y a pas grand-chose à part un blockhaus au trois quart enfoui sous le sable. Dedans un aménagement sommaire nous laisse à penser qu’un vagabond doit y dormir. Un piquet, un gros cette fois, avec une pancarte rouillée attire notre attention. On va voir ! Très abîmé un dessin avec une tête de mort et des tibias croisés et en dessous écrit « minen » On se regarde ! Voila deux heures que nous déambulons dans ce qui devrait être un ancien champs de mines !! Ca fait froid ! A vrai dire on ne sait pas bien ce que c’est sauf que c’est très dangereux et que ça explose ! Nous regagnons la plage en faisant bien attention au cas où il y aurait quelque chose de suspect ! Il est temps !!

    Il est fort probable que ce panneau est resté « par sécurité » après le déminage du lieu car jamais je n’ai entendu quoique ce soit à ce sujet par la suite et d’ailleurs quelques semaines plus tard l’endroit était plein de monde

    Les dunes et les oyats

    Comme dit plus haut le gros problème des dunes est leur déplacement sous l’action du vent. Le sable alors envahit tout, passe partout, mais en plus ces dunes forment une protection naturelle pour le village de Rang du Flier lequel est, parait il, a certains endroits sous le niveau de la mer. Si ces dunes disparaissaient, lors des grandes marées d’équinoxe, la mer pourrait inonder ces parties. Pour fixer ces dunes vagabondes des gens ont étudié et trouvés une arme secrète : il faut planter des oyats. C’est un genre d’herbe à la tige ronde qui a la capacité de se développer dans un milieu salin aussi peu accueillant que ces dunes

    Probablement pour aller chercher quelques mètres de corde nous sommes retournés quelques temps après vers les dunes. Quelle n’a pas été notre surprise de voir des dizaines de personnes affairées à planter ces drôles herbes sur tout cet ensemble de sable. Les cordes avaient disparu aussi. Nous somme allés voir de plus près mais là on s’est fait mal recevoir et on nous a prié dans jouer ailleurs ! pas poliment !

    On n’a pas posé de question sur le panneau marqué « minen » !

    Maintenant ces dunes et les suivantes sont vertes. Le sable n’est plus aussi « baladeur » !

    Les obus

     Toujours dans ce coin mais plus loin dans la baie vers le second blockhaus, et toujours le même copain nous avons rencontré un homme un peu fou, habillé en militaire. Il cherchait des obus dans le sable! Et il en trouvait ! Alors il en démontait la tête, faisait un trou dans le sable pour ranger les douilles et à l’aide d’un dispositif fait de branchage y mettait le feu. Il nous faisait allonger sur le contre bas de la dune un peu plus loin avant d’allumer et nous rejoignait. Cela faisait de grandes gerbes de feu, un peu comme les feux d’artifice, beaucoup de fumée et parfois des petites explosions, les amorces sans doute. Quand tout était redevenu calme il allait voir et si tout lui convenait il nous faisait signe de le rejoindre. Je suppose qu’il devait revendre les parties métalliques et que c’était lui qui dormait dans le premier blockhaus. Bien que nous y sommes retournés plusieurs fois, nous n’osions pas lui poser trop de questions car il nous semblait pas trop « normal »

    November 04

    souvenirs d'enfance 10)

    Furonculose

    Pourquoi je ne sais pas mais soudain il m’est poussé quelques volcans aux environs du genou droit, d’abord des petits bien rouge avec leur tête blanche que l’on pressait tous les jours pour en faire sortir la lave. Un petit nettoyage avec du mercurochrome un beau pansement par-dessus et c’était bien jusque que la séance suivante. Il n’y avait pas de pommade du genre antibiotique seulement des remèdes de bonnes femmes pas très efficaces ! Un disparaissait un autre apparaissait à croire qu’il y avait des réserves, pourtant au genou il n’y a pas beaucoup de place. A un moment les petits ont été en s’amenuisant mais ils furent remplacés par deux gros, le Vésuve et le Stromboli ! On me faisait manger beaucoup d’ail et d’oignon, ce qui parait-il est souverain ! L’ennui c’est que ces deux là me faisaient mal quand je courais ou si je marchait beaucoup. Plusieurs fois par jour on en expulsait le pus, ce qui là aussi n’était pas sans douleur, même si après on a la sensation d’être plus léger ! Les emplâtres de feuille de plantain n’arrivaient pas mieux ! Un nouveau s’est mis aussi à pousser mais sur la jambe gauche. Il fallu attendre qu’il mûrisse ! Comme cela me dérangeait pas mal, à l’aide d’une aiguille je l’ai ouvert. Les deux autres n’en finissaient pas mais à force de les presser et les re-presser soudain de l’un sorti comme trois grosses mèches de coton, chacune de la taille d’une allumette. Cela m’a fait un énorme soulagement ! Du deuxième, un jour ou deux après, sorti la même chose mais en beaucoup plus petit. Après c’était fini ils ne suppuraient plus et peu à peu ils se dégonflaient. Un pansement suffisait, juste pour qu’il ne rentre pas de cochonneries dedans. Ils m’ont laissé une cicatrice ronde en souvenir de leur passage. Elles sont toujours visibles ! (un peu)

    Berk

    Un oncle, oui vraiment un puisqu’il était le seul, ma mère n’ayant qu’un frère et mon père que des sœurs, donc mon oncle par je ne sais quelle circonstance s’est retrouvé propriétaire d’un immeuble à Berk.

    Berck, pour ceux qui ne connaissent pas c’est une ville balnéaire en bordure de mer à 15 km de Montreuil. Berck c’est une plage de sable fin et blanc sur plusieurs kilomètres de long, du nord au sud. C’est la mer qui avance et se retire deux fois par jour sur presque un kilomètre de large en période normale mais beaucoup plus lors des grandes marées

    C’est parfois la tempête qui rend les vagues furieuses, et le sable piquant, c’est les dunes plantées d’oyats, mais c’est aussi les marchands de glace !

    Ce sont aussi les couchers de soleil sur la mer, magnifique. Pour les levers j’ai déjà dit que j’étais pas un matinal, je n’y suis toujours pas !

    Au début du siècle Berck était surtout réputé pour son air iodé, lequel aidant la reconstruction osseuse fit venir dans ces lieux les puissants de ce monde se refaire une santé.

    De ce fait la ville comporte de nombreuses villas de personnes riches et célèbres en leur temps mais aussi de nombreux hôpitaux.

    C’est encore un phare qui aide les marins à se repérer dans la nuit noire, avec son cousin et concurrent le phare du Touquet plus connu sous le nom de Paris plage.

    Il y a la partie « ville » à l’est et la partie « plage » à l’ouest

    L’immeuble du tonton est au milieu de la partie « plage » pas très loin de l’artère principale nommée « Avenue de l’impératrice » un peu avant qu’elle ne s’élargisse en prenant le nom de « l’entonnoir ». Il a 4 étages, le dernier étant mansardé. C’est là désormais que nous passions les vacances d’été avec notre grand-mère. Les parents venaient le dimanche après midi après avoir fermé le commerce.

    Rapidement on n’était vêtu que du maillot de bain ce qui réglait les problèmes vestimentaires, ma grande sœur s’habillait un peu plus, c’est normal, c’est une fille ! Et les filles sont toujours coquettes ! Personnellement j’avais aussi quitté les chaussures, comme cela je n’étais pas embarrassé avec ! A la plage on s’est fait des copains avec lesquels on jouait de plus en plus loin. Ma grand-mère s’est liée avec les parents des copains ainsi elle pouvait papoter pour passer le temps. Quand on était pas en vadrouille sur la plage on faisait de grand trou dans le sable, à savoir celui qui ferait le plus grand, le plus profond. Mais passé une profondeur, outre que c’était difficile d’en enlever le sable les grands venaient nous embêter parce qu’il trouvaient cela dangereux. Le soir avant de partir il fallait reboucher tous les trous pour que personne n’y tombe quand il fait noir.

    L’autre jeu consistait à faire des châteaux de sable avant que la mer remonte pour voir combien de temps elle mettrait à les détruire. On en faisait aussi pour jouer avec nos petites voitures ou pour faire des roulements de billes. Pour ces grands travaux « public » on était armé de pelles de plage.

     Les marchant de boules

    On faisait aussi des boules de sable que l’on décorait soit de coquillage, soit de sable mouillé mais aussi à l’aide de poudres que couleur que l’on trouvait facilement un peu partout. Donc quand tu avais fabriqué de belles boules il ne te restait qu’a les vendre

    « Qui veux des jolies boules, elles sont belles mes boules, 5 coquillages les grosses 3 les petites ! »

    Oui bien sur ce commerce de sable ne se payait qu’en coquillage. Normal, non ? Donc si tu voulais devenir « riche » il te suffisait de chercher des coquilles le long de la plage. Des beaux, pas cassés, les cardiums appelés « énons ou coques » valaient un, les gros pouvait valoir 5. Il y en avait d’autres dont je n’ai jamais su le nom exact dont la valeur pouvait varier selon leur couleur et leur taille et les « couteaux ». Eux pouvaient aller jusque 10 s’ils étaient grands et entier, cela va de soit, mais c’est rare de le trouver et souvent on les conservait pour soi.

    Le soir on rassemblait nos « trésor » et on les rangeait dans la cabine, les plus beaux étaient emporté jusque chez nous, a Berk, j’ai pas souvenir que beaucoup soit parvenus jusque Montreuil. Michou aimait beaucoup jouer à la marchande, moi de temps en temps.

    Pêche à la crevette

    Qui a été à Berk sans, au moins une fois, avoir mangé des crevettes ? Des pécheurs professionnels, eux, à l’aide de grands filets fixé sur un racle en bois, marchaient inlassablement dans l’eau jusque mi cuisse. De temps à autre ils remontaient leur filet et recueillaient leurs prises dans un panier d’osier. Maintenant il n’y en a plus beaucoup.

    Nous faisions comme eux mais avec des filets à crevettes nettement plus petits, ce qui nous empêchait pas d’être très fier de notre pêche. Une pêche de cinq ou six litres nous suffisait, donc quand on avait remplit la moitié d’un seau on revenait, en se régalant d’avance !

    C’est bon les crevettes, pour les faire cuire mamy préparait un court-bouillon, et quand celui-ci était prêt on les déversait dedans. En même temps sous la marmite on faisait chauffer « au rouge » un tisonnier, quand les sauterelles, oui on les appelle aussi comme cela, étaient cuite, le fer était plongé dans cette soupe pour les faire rosir. Souvent on mangeait tout sans faire de détail, seule aux plus grosses on enlevait la tête. Le court bouillon pouvait servir pour faire un soupe avec des biscottes beurrées. Hum ! Très bon !

    On devait faire cette pêche une fois par semaine ou presque.

    De temps en temps on allait chercher des coques. Les énons se cachent dans le sable et il y en a surtout dans la baie d’Authie réputée dangereuse pour cause de sable mouvant. Bien des histoires se racontaient sur des accidents de ce genre. Donc on y allait avec une certaine prudence et jamais seul. Et c’est assez loin de notre cabine. Quand la mer se retire les coques sont assez facile à repérer aux bulles qu’elles font à la surface du sable. A l’aide d’une grande cuillère ou d’une fourchette il suffit alors de les sortir. La cueillette n’était pas interdite. En moins d’une après midi nous remplissions nos seaux et on avait bien de la peine pour revenir avec !

    Les énons (ou coque c’est pareil) ont la fâcheuse habitude de contenir un peu de sable. Il faut donc d’abord remplir le seau d’eau (de mer) pour qu’elles relâchent ce sable. Parfois plusieurs fois il fallait renouveler l’eau, jusqu'à ce qu’il n’y ait plus de sable dans le fond du seau. Pour les manger pas de problème, toujours le court bouillon, sans tisonnier rouge cette fois !

    Dans cette partie de la baie d’Authie il y avait de longues rangées de pieux aux pieds couverts de pierre. Là c’était le royaume des crabes petits ou gros, enfin gros il faut entendre de la grosseur du poing, ça n’a rien avoir avec ceux qui sont pêchés par les bateaux, cela sont très gros. Il y en a des verts et des gris. Ces derniers ont la carapace plus dure et les pinces aussi. C’est en ayant peur de ce faire pincer que l’on les attrapait en les prenant par-dessus les carapaces de façon à ne pas se faire avoir. Là le quart du seau était considéré comme bien. Une soupe de crabe c’est bon, et après on passe un bon bout de temps à les sucer !