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17 junio cérémonie mayaCérémonie maya
Ce 14 juin 2008, dans le pueblo de Cacalchen a eu lieu une cérémonie maya selon la tradition antique du lieu. C’est un mélange des divinités anciennes et du cortège religieux apporté par les espagnols. Sont honorés les 4 points cardinaux, les cenotes (source ou dépôt naturel d’eau) réputés de la région, les dieux Chaac et ses aides, quelques « santos », dieu tout court et « Jesus cristo ». L’officiant est un homme âgé (84 ans) aussi ridé que sympathique. Parlant que le maya il me fait expliquer par un traducteur qu’il a reçu un don à l’age de 11 ans et que depuis il officie. Son intervention est beaucoup plus pour remercier les dieux, ses saints et ses aides de donner la pluie au bon moment, sans orages ravageurs, que le soleil brille sans brûler les semences, en gros que les récoltes ont été bonne, que de demander que les choses soient faites au bon moment. C’est pas une subtilité de langage, il estime que les dieux donnent et que l’homme n’a pas à réclamer ceci ou cela. J’essaye de me faire expliquer son autel mais visiblement ce n’est pas son souci, il l’a fait comme il l’a apprit et continue ainsi. C’est un support et sera détruit après la cérémonie, c’est pour lui sans intérêt. Ce qui l’importe c’est de rentrer en communication avec ses ancêtres pour être guider dans ses réponses à la communauté. Il ne se sens que comme un simple intermédiaire et n’a aucune ‘Vérité’ à dispenser. Il me fait remarquer la présence de la croix sur son autel, mais n’en donne pas d’explication particulière sauf que sa présence est importante, il faut rappeler que la croix faisait partie des symboles mayas, avec un autre sens, bien sur. L’autel Ici se sont deux tables, ordinaires, apportées par les organisateurs elles deviennent autel par les arcs de branchage sur chaque côté du carré formé par les tables, un second « étage » d’arcs liés aux premiers vvont d’un coin à l’autre par la diagonale. Peu visible dans le feuillage une autre croix maintient l’écartement des arcs, elle représente le croisement de la voie lactée avec l’écliptique. Sur les tables des feuillages, une croix de bois coincée au milieu, celle-ci représente le centre et aussi l’arbre sacré des mayas : le Ceiba. (cela ne m’est pas expliqué ici, je l’ai trouvé dans différentes lectures sur les rites mayas) Quelques calebasses, je pensais qu’elles pouvaient avoir un rapport avec les tortues, mais apparemment elles ne sont la que pour leur côté pratique. Au pied de chaque pied de table, ceux formant le carré, se trouve une calebasse ayant forme de gourde. Elles sont pleine de l’eau « vierge » des cenotes cités dans la prière. En principe, remplies par les aides de l’officiant, un peu moins âgés que lui. Sur un « portique » sont accrochées d’autres calebasses qui serviront pour faire le balché, boisson à base de maïs écrasé, de l’écorce d’un arbrisseau et de miel. De ce que j’ai lu elle fermente très vite et est un peu alcoolisée, mais trop peu pour que cela pose un quelconque problème et son ingestion est plus un acte de réception que de beuverie. Une petite odeur anisée, le goût sucré du miel et au fond les granules de maïs. C’est agréable à boire. Autour des tables (ou sous) dans des récipients : de l’eau, des graines qui recevront la bénédiction
A mon arrivée, l’officiant est en prière ou en discussion avec les dieux et les saints. Il ne donne pas l’impression de réciter une prière ou quelque chose du genre, mais beaucoup plus de parler avec les siens. Bien sur, je ne comprends aucun mot, mais aux intonations cela ressemble beaucoup à une conversation « entre amis » Je ne sais pas si à un moment il a demandé de la pluie mais il est tombé une de ces verses !!! Il a été exaucé !!! Une heure après, une seconde est tombée, pas mal non plus mais avec un beau lot d’éclair et de tonnerre, peut- être qu’il avait oublié un aide d’un dieu de la pluie?
Sans rapport avec la cérémonie, je me fais expliquer par mon interprète la provenance des calebasses ou « keh ». Une partie vient de plantes du genre potiron, il y a de nombreuses sortes, il suffit de planter celle qui intéresse, pour le « keh » c’est le fruit d’un arbre qu’il suffit de couper à la taille voulue et d’en conserver l’écorce. Cette facilité d’obtenir des récipients de toutes tailles pour tous les usages me pose la question du côté « indispensable » de la poterie qui comparativement est compliquée à produire, pèse lourd et casse. Objet de luxe et de prestige ?
A quelques mètres une grande table autour de laquelle s’affairent plusieurs personnes. Il s’agit de moudre un mélange de graine de calebasse avec la graine d’achioté. L’achioté est un arbrisseau qui donne un « fruit » contenant de petites graines. Quand on écrase celles-ci on obtient une poudre rouge, assez « collante », très légèrement épicée. Cette poudre entre dans tous les plats de la cuisine maya, ou presque. C’est bon, je n’ai aucune idée de sa valeur diététique et de son contenu vitaminique (il y a très probablement) Les moulins manuels que l’on voit sur la photos sont quand même assez durs à tourner, pour obtenir une poudre fine, mais c’est infiniment plus facile que de broyer les graines avec le metate et la mano (pilon). Il n’y a que des hommes, les femmes sont en principe interdites jusque le lever du jour à venir. Les 5 photos suivantes sont prises pendant le second orage Toutes les graines moulues, une bonne trentaine de litres de poudre rouge, il est préparé un petit repas. Un mélange de riz, maïs, radis, concombre et viande de poulet sont mélangés, une partie avec piments, l’autre sans. Mis dans des saladiers ou des assiettes, chacun, à l’aide un morceau de pain ou une tortilla, puise dans le récipient. Comme boisson coca. Reste qu’à attendre l’heure des épisodes de cérémonies suivants. Des participants viennent avec une poule ou un coq, reste a discuter avec les uns et les autres en buvant un gobelet de balché. Plaisanteries et historiettes on l’air de tenir lieu de prières Une préparation de balché est en cours, l’autre aura lieu 6h heures après. Je vais dormir un paire d’heures. La grenouille Vers minuit la cérémonie se déroule avec l’arrivée de la « grenouille ». Un des compagnons arrive à 4 pattes en sautillant comme la grenouille et devant faire co-ot ! co-ot ! co-ot ! puisqu’ici les grenouilles ne parlent pas la même langue que par chez nous. En principe ce rôle devrait être tenu par 6 garçons qui se placeraient à chaque coin et 2 au centre sous l’autel et pendant un certain temps chanter « co-ot ! co-ot ! co-ot ! co-ot ! co-ot ! co-ot ! co-ot ! co-ot ! co-ot ! » comme le font les grenouilles avant la pluie. Ici le seul jeune garçon n’a pas voulu jouer le jeu, c’est donc un adulte (d’assez petite taille) qui a rempli ce rôle. Bien qu’appeler la pluie est quelque chose de très sérieux dans une région où il n’y a aucun fleuve en surface, « la grenouille » a plus aboyé que croasser ! Mais tous les participants de le reprendre en criant « co-ot ! co-ot ! co-ot ! co-ot ! co-ot ! co-ot ! co-ot » « ko-ot koko-ot koko-ot » (il y a plusieurs race de grenouille, sans doute) Tout cela dans une bonne humeur évidente. Quelques poules ou coqs s’étaient ajoutés aux précédents. Sur les photos, en cherchant un peu, on peut apercevoir « la grenouille » sous la table, entre l’officiant et son aide, et les participants lui répondant Quelques femmes sont arrivées, un peu a l’écart, mais pour l’instant elles ne participent pas. L’attente étant longue, après avoir parlé avec les uns et les autres je vais redormir un moment. Un peu trop, puisque a mon réveil tous les coqs et poules ont été sacrifiés, plumés, vidés et cuisent dans une grande marmite. La marmite est posée sur 3 grosses pierres et les tisons de bois brûlent entredeux. Ces 3 pierres sont aussi tout un symbole car on les retrouve dans le ciel. Quand le bouillon est bien cuit, les volailles sont sorties à l’aide d’une paire de bâtons (écorcés pour la circonstance) puis placées sur les feuillages recouvrant l’autel. Il y en a une bonne vingtaine ! Le jour se lève Les femmes arrivent et s’organisent par petits groupes pour former des tortillas à la main à partir de la pâte de maïs (achetée). Chaque groupe allume un petit feu entre 3 pierres sur lesquelles elles poseront une tôle pour faire cuire les tortillas. Elles font ainsi des dizaines de galettes de maïs, que les hommes déchirent en menus morceaux ensuite. Une nouvelle marmite est mise en route, la première est apportée près de l’officiant, peu à peu les tortillas déchirées sont incorporées au bouillon. L’officiant « touille » le tout soigneusement, il semblerait que c’est à lui seul de faire ce travail car en aucun moment il ne lâche le bâton qui permet le mélange, bien que ses aides soient proche de lui. Tous les aliments sont apportés sur l’autel où aux pieds. Quand tout est prêt l’officiant bénit toute la mangeaille ainsi que les participants, mélange d’oraison chritiano-maya remerciant les dieux de leurs bienfaits, et sansdoute avec l’arrière pensée qu’ils peuvent continuer. Il est 10H, comme prévu l’officiant et son aide reparte chez eux. Mon traducteur-hébergeur a envie de boire une petite bière, et indirectement me demande si j’aimerai pas une bonne bière bien fraîche. Je fais semblant de ne pas comprendre et lui dis être curieux de savoir cequ’ils vont faire après. Un peu déçu, il m’explique qu’un des responsables avait pris en note tous les « donateurs » et donc il allait procéder au partage. Je lui demande s’il a besoin de nous pour cela, réponse « non » « bien ! koox (allons-y) » J’ai pas eu besoin de répéter (hihi) Deux trois zigzag dans le village et nous arrivons à un bar, tapissé de la page centrale d’un journal local, sur laquelle sur trouvent, en grand format, des donzelles pas vilaines. Nous commandons une « chela » soit environ 1 litre de bière et nous buvons tranquillement en discutant avec les clients. J’ai bien sur, droit aux questions habituelles « d’où viens tu, qu’est ce que tu fais, pourquoi es tu là, tu aimes la vie ici, tu es seul …..etc » Mon intérêt pour les mayas plait même si certains me disent « moi je suis de DF (région de Mexico ville, donc en général d’origine aztèque ou nahuatl) Tous ventent, à juste titre, la tranquillité de la vie à Mérida et ses environs. Nous rentrons La maestra de maya est là avec d’autres, elle me crie pour que je mange avec elles et m’expliquent que nous allons visiter un cénote. A deux trois kilomètres du village dans un terrain désolé ou la pierre pousse mieux que le grain caché par un buisson se trouve l’entrée du cénote. Il faut vraiment savoir où il se trouve pour le rencontrer ! Une caverne avec un trou profond dans lequel courre une eau pure. Les branchages qui servent d’escalier ne m’inspirent pas confiance, donc je ne descend pas au fond, mais notre guide, et 3 jeunes vont barboter. L’eau doit être pas trop froide à les voir prendre plaisir à nager dedans. Ils dérangent quelque chauve souris. La trempette terminée ils remontent et nous ressortons. Au passage nous faisons la photo « de famille » De retour chez l’organisateur de l’école maya nous remangeons un petit bout, (radis, poulet, frijol au citron, bien sur !) Fin de la journée, retour à Mérida (environ 35 km)
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